Les armes

 

 

 
Le Fleuret                                                                               

Cercle d'Escrime de Reims

 

Au fleuret, il faut toucher son adversaire avec la pointe de la lame: c'est une arme d'estoc. La zone valable exclut les membres et la tête, c'est à dire que pour qu'une touche soit valable et rapporte un point, elle doit être portée sur la zone du tronc (représenté ci dessous).

Les assauts au fleuret sont soumis à des règles de priorité. Pour simplifier, disons que pour qu'une touche valable rapporte un point, il faut que le tireur l'ayant porté ai la priorité.

Un tireur a la priorité s'il a lancé son attaque ou a effectué une parade avant de lancer sa riposte.

C'est alors grâce à cette règle que l'on peut déterminer le tireur marquant un point en cas de touche simultanée. Il est évident que si aucun des tireurs n'a la priorité, aucun point n'est accordé. Afin de distinguer les touches valables des touches non valables, l'équipement du fleurettiste comporte une cuirasse conductrice qui couvre la zone valable. 

Le fleuret apparaît au XVIIe siècle, à l’initiative du français Charles Bernard. C’est une épée d’entraînement et d’étude, plus légère et plus courte que la rapière, l’épée de l’époque.

Afin d’augmenter la sécurité des tireurs, cette armes d’estoc fait l’objet de quelques aménagements :La lame de section quadrangulaire est plus flexible que la lame de l’épée et la pointe de la lame est moucheté comme une fleur, d’où le nom de fleuret. Ainsi les coups de pointe risquaient moins de blesser.
Les maîtres français des XVIIe et XVIIIe siècles adoptèrent l’arme et mirent au point une technique spécifique. On pouvait faire de l’escrime sans avoir l’intention de se battre. Elégance et courtoisie étaient les qualités requises. Le fleuret se développe ainsi jusqu’au XIXe siècle à la faveur de la multiplication des salles d'armes ouvertes par des militaires en retraite.

Après l'interdiction des duels, il devient une pratique sportive. Deux écoles s'affrontent : l'italienne et la française. C'est finalement la seconde qui s'imposera en publiant la première divers traités sur la technique ( ex : Théorie de l’art et pratique de l’espée seule ou de fleuret (1653) de Charles Bernard ). En toute logique, la surface valable est le buste, les épaules et le cou puisque le but est de faire travailler les coups mortels. Et comme il s'agit d'une arme pédagogique, la priorité est donnée à l'attaquant. C'est une arme de convention : l' intention prime sur la précision.
Devenu sport, le fleuret s’est modifié. Le fleuret électrique a été adopté en 1954. Chaque tireur est muni d’un fil électrique parfaitement isolé dit « fil de corps ». Celui-ci est branché à l’intérieur de la coquille du fleuret puis, il est placé à l’intérieur de la veste du fleurettiste. Il longe le bras, l’épaule et le dos et est relié à un enrouleur électrique, lui-même adapté à l’appareil de contrôle.
Le fleurettiste revêt un plastron métallique qui couvre la surface valable ( torse, dos, épaules). Pour que la touche soit déclarer valable par l’arbitre, elle doit avoir été portée en surface valable avec une pression de 500 grammes qui permet d’allumer la lampe de couleur attribuée à chacun des tireurs. Toutefois, le fleuret étant une arme de convention qui donne priorité à l’attaque, l’arbitre est seul habilité à accorder ou non le bénéfice de la touche. La lampe blanche indique que la touche a été portée en surface non-valable et qu’elle n’est donc pas comptabilisée.

Le Sabre                                                                                

 

 

Au sabre, on observe à peu près les mêmes règles de priorité qu'au fleuret. Toutefois, cette arme est différente des deux autres puisqu'il s'agit d'une arme de taille et d'estoc, c'est à dire que la totalité de la lame peut servir à porter une touche. La zone valable est le haut du corps (au dessus de la ceinture), elle est recouverte d'une cuirasse conductrice et le masque est lui aussi conducteur.

On pense que ce sont les hongrois qui introduisirent l’escrime au sabre en Europe, vers la fin du XVIIIe siècle.

Leur sabre, dérivé du cimeterre que portaient les Orientaux, comportait une lame plate, légèrement recourbée, beaucoup moins large et moins épaisse que celle du sabre de cavalerie. Ceci peut expliquer le goût plus prononcé des hongrois pour le sabre que pour l’épée.

Les hongrois estiment que la naissance de leur escrime nationale coïncide avec l’établissement comme Maître de leur premier professeur, Joseph Keresztessy, en 1840. Au sabre, Keresztessy posa le principe de base de l’escrime de sabre moderne : il préconisa le mouvement de l’arme axé sur l’articulation du poignée. Il forma de nombreux élèves au cours d’une longue carrière (il est né en 1817 et mort en 1872) . Mais l’escrime hongroise n’avait pas encore, à l’époque, de développement en profondeur.

Vers la fin du XIXe siècle, les italiens inventent un sabre léger, la « scabiola », destiné à être utilisé en duel. D’abord très critiquée, car elle n’avait guère de rapport avec le sabre lourd de cavalerie, cette arme finit par être universellement adoptée pour le duel et pour les combats sportifs.

Le sabre sportif est donc d’origine italienne mais ce sont les hongrois qui ont dominé cette spécialité durant plus d’un demi-siècle.

Comme au fleuret, c'est une arme de convention, la priorité est donnée à l'attaquant. La longueur totale maximum du sabre est de 105 cm et le poids inférieur à 500 grammes.

La surface valable comprend toute la partie du corps située au dessus de la ceinture, masque et bras compris.

La lame est en acier de section rectangulaire. Jusqu’en 1985, les assauts de sabre étaient jugés par un président de jury, entouré des quatre assesseurs. Mais depuis 1985 le principe du sabre électrique a été adopté.
Il est systématiquement utilisé en tournois de coupe du monde et au championnats du monde depuis 1989.

Quant au sabre féminin, il a fallu attendre 1999 pour les premiers Championnats du monde et 2004 pour la première épreuve Olympique à Athènes.

 

L'Epée                                                                              

 

 

L'épée est aussi une arme d'estoc comme le fleuret. Mais, contrairement au fleuret, les assauts ne sont pas soumis à des règles de priorité: c'est le premier qui touche qui marque le point. Dans le cas des touches simultanées, les deux tireurs reçoivent un point. La zone valable est constituée de tout le corps.

Les assauts à l'épée se rapprochent extrêmement de ceux se déroulant il y a quelques siècles lors de duels. 

L’épée est une arme blanche, faite pour la main, avec une lame droite à deux fils de pointe.
En occident l’épée apparaît à l’époque préhistorique environ au deuxième millénaire avant Jésus-Christ, comme dérivé du poignard plus compact.

La spécialisation de la technologie dans la fusion du bronze a permis peu à peu d’améliorer en longueur la ligne du poignard qui, en devenant trop longue pour son emploi habituel, permis la naissance d’une nouvelle arme avec une utilisation qui lui est propre.


La forme de la lame recopiait celle du poignard, et conservait la préférence pour les coups de pointe : une nervure centrale robuste, dans les modèles les plus évolués, accompagnée de deux autres moins importantes sur les deux faces de la lame, en garantissant la rigidité même dans un coup violent.

Comme déjà lors du passage du cuivre au bronze, de la même façon quand le bronze fût remplacé par le fer, les structures formelles de l’épée coexistèrent pendant plusieurs siècles ; le choix pour l’un où l’autre métal semble localement déterminé par les possibilités économiques et la capacité technique.

Que ce soit chez les Goths, les Alamans, les Lombards ou les Francs, les épées étaient semblables car elles représentaient l’expression d’une technique de combat unique. Elles avaient toutes une lame plutôt large, longue de plus de 80 cm avec des fils parallèles presque jusqu’à la pointe en forme d’ogive. Une grande rainure centrale traversait toute la lame.

Au début de la période romane ( XIème - XIIIème siècle ), l’épée tend à élargir le moulage de la lame et à allonger le bras de la garde. Tout au long du siècle, l’épée présente une lame large et une pointe non arrondie bonne seulement à donner des coups de tranchant.
Après l’époque romane, l’infanterie joue un rôle déterminant dans la tactique du combat au XIVème siècle avec le développement des troupes de métier pour lesquels on fabrique des épées à lame large à deux fils.. L’épée de guerre fait parie de l’équipement de guerre et des jeux guerrier. Il existait également l’épée pour le cheval, l’épée à pied, l’épée pour la chasse ou celle pour porter dans les cérémonies. Au cours du XVIème siècle l’arme tend de plus en plus à avoir un caractère symbolique où le côté spectaculaire a le dessus.

De même l’épée tout en étant maintenue dans la vie civile, s’éloigne de plus en plus de l’idée de combat, se transforme doucement en épée courte et devient enfin seulement un complément à certains habits de cérémonie ou à des uniformes officiels ou civils.

Avec la progression des défenses, l’apparition des arceaux puis des pontets, des arrêts, de la garde et des branches, l’épée prend une configuration précise qui détermine le fil et le faux, l’intérieur et l’extérieur.
Au XVIIème siècle on arrive à offrir une protection valable pour la main en plaçant le pontet avec deux valves solides, et enfin une protection totale grâce à une calotte sphérique.

L’épée qui ne servait plus dans les combats, s’était transformée avec la mode en une petite épée légère utilisée pendant presque tout le XVIIIème siècle.

Aux XIXème siècle elle survécut dans certains cercles ou académies privées et fut remplacée dans l’armée par le sabre, beaucoup plus fonctionnel.

Devenue activité sportive à la fin du XIXème siècle, l’épée est aujourd’hui une arme d’estoc d’une longueur maximum de 110 centimètres et d’un poids inférieur à 770 grammes. La lame d’acier de section triangulaire sans bords coupants a une longueur totale de 90 cm.

L’épée est devenue électrique en 1936 et contrairement au fleuret et au sabre, il n’a pas de conventions, le point est accordé à celui qui touche le premier sur n'importe quelle partie du coprs.

Depuis 1985, le principe des compétions à l’épée féminine a été adopté, mis en place lors des Championnats du Monde 1989 et aux Jeux Olympiques en 1996.